jeudi 8 décembre 2016

LA JOURNÉE SANGLANTE DES COCHONS






   LA JOURNÉE SANGLANTE DES COCHONS.

                Nous nous plaignons de la cherté de la vie, des exigences fiscales, de la paperasserie administrative … Ce sont les sempiternelles plaintes sociales et, aux heures difficiles à passer, la foule a besoin de bergers clairvoyants pour la bien diriger et lui épargner les conséquences funestes d’emballements irréfléchis.

             Nous avons dit les préventions de toutes les classes de la société contre les billets de la banque de Law. Leur discrédit était tel qu’il provoqua, dans l’île d’Oleron, une aventure burlesque, consignée dans les archives de la citadelle sous le titre « journée sanglante des cochons »

            Le bruit s’était répandu, tout à coup, sans qu’on en connût l’origine, que l’administration de la marine allait incessamment réquisitionner tous les porcs de l’île pour approvisionner la flotte et que l’État paierait avec des billets de banque. L’émotion fut générale, les propriétaires se virent ruinés et, tout aussitôt, le mot d’ordre « Tuez vos porcs » parvint jusque dans les maisons les plus isolées ? On obéit sans hésitation et, dans la nuit et la journée du 3 au 4 octobre 1720, l’hécatombe des « norains » fut si complète que le 5 octobre, il n’en restait, dit-on pas un seul vivant dans l’île …

 Abbé Victor Belliard ( Notes d'Histoire Locale  )



vendredi 2 décembre 2016

GUERRES DE RELIGIONS




GUERRES DE RELIGIONS

EN OLERON










                    Au moment des premiers troubles suscités par les Protestants en 1548, Dolus et La Perroche eurent particulièrement à en souffrir. Des scènes de désordre, de pillage, de violence se produisaient à chaque instant dans l’île entière ; des prédications enflammées excitaient les habitants les uns contre les autres ; de La Rochelle, Marennnes, Arvert, des prédicants ou des troupes armées débarquaient  à l’heure la plus inattendue et terrorisaient les catholiques qui ne savaient où fuir et cacher pour éviter la rançon et protéger aussi bien leur personne que leurs modestes ressources.

              Vers 1562, treize prêtres et quelques habitants de Dolus se retirèrent dans l’église, se croyant en sûreté. Ils y furent assiégés, sommés de sortir et de se rendre à merci avec promesse qu’il ne leur serait fait aucun mal. Confiants, ils ouvrirent la porte et furent tous égorgés à l’exception de Pierre Collé, marchand de Dolus et Jean Senné de La Gaconnière, sauvés par des parents qui étaient parmi les assiégeants

                       ( Le Berton : Abrégé – Établissement du Calvinisme ).

samedi 26 novembre 2016

CHANGEMENT CLIMATIQUE EN OLERON ...






CHANGEMENT 


CLIMATIQUE EN 


      OLERON ?




Extrait du ivre de M. l’Abbé Victor Belliard « Notes d’Histoire Locale – 1929.









                   




                "Si l’hiver de 1784 fut rigoureux, celui de 1789 le fut beaucoup plus encore . Le thermomètre Réaumur marqua, ici, 18°75, au-dessous de zéro, (Moins 23° Celsius). La Charente charroya pendant tout le mois de décembre 1788 des glaçons si volumineux qu’on craignit pour les bateaux à l’ancre,  puis elle se congela « jusque dans le voisinage de son embouchure où elle présentait, au commencement du mois de Janvier une croûte de glace de 22 pouces (o, 56 m.) d’épaisseur. »











                      



                         La misère, tout naturellement devint très grande. Le régiment d’Agénois eut alors un beau geste, comme les circonstances savent le provoquer dans l’armée française. Son colonel, monsieur de Lustac se présenta dès les premiers jours de décembre 1788, à la tête de son État-Major, au comité de bienfaisance du Château et invita les administrateurs à faire délivrer, au compte de son régiment, les quantités de pain et de bois nécessaires à la nourriture et au chauffage des pauvres de la paroisse pendant tout l’hiver.

                       Cet acte de générosité atténua les souffrances des plus malheureux, évita la mort à bien des vieillards et sauva de nombreux petits enfants. Le régiment d’Agénois a bien mérité de la Cité et son nom doit être écrit au livre d’or de la reconnaissance publique."

lundi 21 novembre 2016

DÉMOGRAPHIE





DÉMOGRAPHIE D'OLERON ET CERTAINS

 CHANGEMENTS D'APPELLATION.












-" En 1685 on prescrit le "Dénombrement de l'île".

Il accuse 13324 habitants, non compris la garnison de la citadelle du Château et l'État-Major.


Au recensement de 1790, on trouve :

Saint Denis : 1388 habitants. 
Saint Georges : 4500.
Saint Pierre : 4251.
Dolus : 2750.
Le Château : 2500.
St. Trojan : 914.

Au total : 16803 habitants, don 451 marins classés.



EN 1792, POUR S'ACCORDER AVEC LES PRINCIPES DE LA RÉVOLUTION FRANCAISE LES VILLAGES ET CERTAINS LIEUXCHANGENT DE NOM :



L'Île d'Oleron devient l'île de la Liberté. 
La ville du Château devient la Commune de l'Égalité.
La ville de St. Pierre devient la Commune de La fraternité.
La ville de St. Georges devient celle de l'Unité.
La ville de Dolus devient celle des Sans Culottes.
La ville de St. Trojan devient celle de la Montagne.
Celle de St. Denis devient La Réunion.
Le village d'Ors devient Marat.
La Gaconnière devient Le Pelletier.
La Chevallerie devient La Fontaine Challier.
Le Fief Naton : Barrat.
La Porte d'Ors, Porte de marat.
La Porte de Dolus, Porte Le Pelletier. 
La Porte des pêcheurs, Porte de l'Abondance. 



Le recensement de 1809 nous donne :

St. Denis : 1307 habitants.
St. Georges : 3550 habitants.
St. Pierre : 4113 habitants. 
Dolus : 1700 habitants.
Le Château : 2170 habitants.
St. Trojan : 889 habitants. 

En 19 ans, la population avait diminué de 3074 habitants, conséquence de la guerre et du service militaire obligatoire qui gardait ses conscrits sous les drapeaux pendant sept années. Il y avait aussi 580 marins classés 

       (In Ile d'Oleron - Notes d'histoire locale - Abbé Victor Belliard - 1920).



jeudi 17 novembre 2016

INVENTAIRE DU MOULIN DE LA CAILLETIÈRE








INVENTAIRE DU LOGEMENT

DU MEUNIER ET DU MOULIN

DE LA CAILLETIÈRE

DRESSÉ

       LE 9 JANVIER 1603
















Le pigeonnier de la Cailletière, selon l'architecte 
des monuments de France, n'a jamais reçu de toiture ...



Le fermier de la Cailletière,
 le sieur Menereau étant mort,
 on procéda à l’inventaire de
sa succession le 9 Janvier 1903.
Nous croyons intéressant de
le reproduire pour donner une
 idée du mobilier d’un meunier
à cette époque.


-« Dans la chambre s’est trouvée
 une vieille table faite en façon de
 comptoir, de bois de sapin et
chesne avec les deux bancs de
même bois, apprécié 3 livres –
 Un dressoir de bois de sapin
6 livres – 3 coffres de bois
de sapin fermant à clef,
à serrure plate, une
 autre aussi de bois de sapin
 ayant la couverture rompue
et fort vieux 6 livres –
Une vieillle met (maie) de bois
 de chesne avec ses tréteaux,
racloirs et tamis, 1 livre 10 sols
– Un bois de lit noyer avec la 
tonsure par bas, un ciel de toile 
avec un lit de plume,
traversier aussi de plume. Deux
 linceuls (draps)et deux couvertes,
l’une blanche et l’autre grise , 
de laine,avec sa garniture de toile 
frangée 34 livres
   Un méchant bois de lit de sapin 
avec   une couverture de laine
blanche, un linceul, une balasse, 
7 livres –
Une poële à frire, une cramaillère,
chambarière ( ?), un pot, un trois 
pieds,6 livres
 – Une panne de buée, de terre, 
2 livres10 sols–
Un mousquet, la bandolière, 
une épée,le tout vieux, 3 livres 
– Une chaudière
de la contenance de quatre 
seilleaux,
une autre de deux seilleaux 
et demi,
autre chaudron d’un demi 
seilleau,
 un poëlon sans queue,
 un autre petit poëlon , 
une poëlonne ,Le tout d’airin 
avec un chandelier de
cuivre, 8 livres – Un autre 
chandelier
de cuivre, 1 livre, 10sols – 
Une chopined’étain 1 livre
   13 livres d’étain en pot de 
grès,
   quatre plats, six assiettes
   Deux écuelles, 6 livres,
10 sols  - dans un des 
petits coffres,
7 nappes, deux de brin deux
d’étoupe, 1 livre –
8 serviettes de brin de lin, 
8 livres –
7 linceuls de toile de lin 
demi usés,
15 livres 15 sols – 
Dans un autre ny
ayant rien, dans les autres 
5 livresde brin filé, à 5 livres 
chacune, 15 sols –
 3 livres 15 sols – 
4 livres d’étoupe,1 livre
– Ce fait, avons passé au treuil 
où s’esttrouvé une cuve de bois 
de chesne tenant 5 sommes 
et une autre
-   plus petite de 2 sommes, 
7 livres –
-    4 quarts pleins de breuvage,
-   2 chétis futz de barrique
-   et un entonnoir, 4 livres – 
Une scie
-    et son affût, un méchant pic,
-   une essée, un méchant rateau,
-   4 livres – S’est trouvé
-   dans le bout du treuil un âne
-   de poil gris et un autre 
de poil blanc,
-   tous deux  appréciés 14 livres,
-   une petite vache brette 
de poil noir,-   14 livres –
 Entré dans
-   un petit parc où s’est trouvée
-   une génisse de poil noirâtre, 
14 livres
-   – Comme aussi nous avons 
entré
-   dans le dit moulin et,
-   au dernier étage s’est trouvée
-   une basse,
-   trois marteaux pour piquer
-   la meule,
-   un hachot, des tenailles, 
taillefonds,-   4 livres
-    – Dans le second étage 
3 draps de moulin,
-    deux basses, deux vieux 
linceulx,
-   un vieux quart, 8 livres – 
Et au bas du moulin
-    s’est trouvé une herminette , 
une taloire,
-   un demi boisseau, une essée,  
un feuillet,
-    3 livres – Trois draps de moulin 
étant sur les verges du dit moulin, 
5 livres, 5 sols
-   – Une hache, une ferrée pourries 
et gâtées,
-   15 sols.
-                      Joy, Notaire Royal

« Ce pauvre mobilier ressemblait 
beaucoup à celui de  la généralité 
des paysans à cette époque et laisse 
rêveur quand on le compare au « luxe » 
qu’on rencontre en OLERON
à la campagne, presque 
à chaque porte »

 ( Abbé Victor Béliard, ancien Curé
de Saint-Trojan :
Notes d’Histoire Locale – 1929)