mardi 13 août 2013

ÉCHOUAGES ...






                                                                 
                                                     
                                                 Des "dormeurs", que l'on appelle aussi des "bourses" ...






ÉCHOUAGES



Il y a plus de cent ans, une baleine s’est échouée sur les côtes d’Oléron … On en parle encore. Je crois bien me souvenir qu’une autre baleine, ou tout au moins un baleinoptère s’est laissé prendre dans les pièges à poissons que l’on appelle des écluses, à Chaucre. Il me semble bien me souvenir qu’on l’a trouvé vivant et qu’on l’a tué … J’ai vu une ancienne carte postale sur laquelle on voyait les glorieux « vainqueurs » traîner le mammifère marin, mort, sur un charreton … Qu’en fit-on ?- Je sais que l’on se mit en rapport avec le Muséum d’Histoire Naturelle …

Mais …  - «  Eh bien, à présent tout le monde est content.
C’est pas pour dire, mat’lot, mais on est content …                    Y’a plus d’grands seigneurs ni d’jésus qui tiennent,
 Y a l’président, et ya plus d’baleines !
                                                                  (Paul Fort – les baleines)



-       « Madame, si quelqu’un vient me demander
                Soyez aimable et répondez
                    La baleine est sortie
                        Asseyez-vous
                          Attendez la
     Dans une quinzaine d’années, sans doute elle reviendra …

                                              (Jacques Prévert – La Pêche à la Baleine)



Il y a bien longtemps qu’on n’en parle plus chez nous.

                                                  

                                                 Des traces de pas sur le sable ...

Du temps de mon adolescence, il y avait pourtant de joyeux compagnons qui passaient en faisant des cabrioles, juste au-delà des plages : C’étaient les dauphins … Appelez les marsouins, appelez les dauphins … Je sais que ce n’est pas pareil, mais je ne les distingue pas très bien les uns des autres. Ils se montraient en troupes de trente, quarante individus, plus parfois … On les voyait faire la farandole, souvent venant du Nord, c’est-à-dire du pertuis d’Antioche, et se dirigeant vers le fort Boyard, à raser la pointe des Saumonards. En général, c’était lorsque la mer, calme, roulait tout de même assez fortement sur le sable des plages de la Malconche.

Il est arrivé que l’on trouve sur le sable quelques individus échoués … Lamentable fin pour un si bel animal, et si joyeux compagnon !  Nous savons maintenant que ces échouages sont fréquents sur les côtes de tous les pays à façades maritimes. Nous n’en connaissons pas encore les causes exactes, mais les chercheurs observent le phénomène avec attention. Je me souviens, pour ma part, d’avoir trouvé trois cadavres sur le « Gros Roc », près de la balise du Douhet : C’était dans les années cinquante. On eut dit que la mer venait de les déposer … J’ai eu l’occasion d’en trouver deux sur la grande plage de Saint-Trojan dans les années soixante. Depuis, je n’en ai plus aperçu, ni sur les sables, ni … Hélas ! dans les eaux de la Malconche. Il n’y a plus de marsouins dans le coureau d’Oléron … La faute à qui ? – Dans l’archipel des îles Feroë, on en fait des hécatombes … Pourtant, aux îles Feroë, on joue au football, donc on est civilisé …

-       «  Tiens ! disait-on autrefois : Il y a du « son de mer » et il y a des marsouins … Il y aura des « meuils » à la côte, cette nuit ! »

                                                       

                                                Homards bleus de La Cotinière


On disait aussi que les marsouins mangeaient la tête des seiches … On trouvait beaucoup de seiches, échouées sur les plages, surtout aux alentours de Pâques. Nous les ramassions, nous en faisions des cuisines … Lorsque nous les ramassions, elles étaient toutes décapitées : On disait que c’étaient les marsouins qui mangeaient leur tête … On sait maintenant que les seiches meurent après la ponte … Le courant les emporte et les dépose sur le sable. N’avez-vous jamais trouvé leurs œufs ? – Grappes de raisins noirs … Une graine, pelée, membrane après membrane, laisse voir dans une sorte de gelée, une seiche minuscule et qui nage .. .

Il n’y a plus guère de seiches à ramasser sur les sables … Tout juste des os de seiches, petites barques blanches que l’on ramasse pour les donner aux oiseaux qui les picorent. Dans les villes, on vend les os de seiches aux amateurs … sous sachets de matière plastique … Sur la plage, ils sont criblés de petits trous : les coups de becs des gravelots qui les picorent …

                                                

                                              Crevettes roses ou bouquet ...


Les sachets de matière plastique … Nous savons maintenant que ce sont eux les pires ennemis … des tortues marines !

Assez fréquemment des tortues nous arrivent : Elles se sont laissé entraîner par le Gulf Stream … Elles viennent de Guyane ou des Antilles … Ce sont de grosses dames vêtues de cuir, bleuâtres, pesant souvent  près d’une demie tonne, voir plus. La plupart du temps, lorsqu’on les trouve chez nous, elles sont mortes et, quand on ouvre leur estomac, on s’aperçoit qu’elles ont tellement avalé de sacs plastiques qu’en fait … Elles sont mortes de faim ! … Leur estomac ne pouvait plus accueillir aucune nourriture. Elles cherchent habituellement les méduses, dont elles font leur provende : Rien ne ressemble plus à une méduse, dans l’eau, qu’un sac plastique vide … Ne jetez pas vos sacs plastiques vides à la mer … Ni ailleurs, parce que le vent les emporte et ils finissent par aboutir … Dans l’océan !


                                             

                                                                    La Bouteille à la mer ...


Je me souviens … C’était en 1961, je crois. Je passais sur la route, vers l’Illeau-La-Grand’-Côte … Un attroupement … Quelques six ou sept personnes … Au bord de l’eau, une chose indéfinie … Mais non … Ce n’était pas une chose … c’était une tortue luth que l’on avait traînée sur le sable. Elle était vivante, la voyageuse au long cours ! Elle était vivante, mais prisonnière : L’orin d’un casier à homard s’était entortillé à l’une de ses pattes de devant … Maladroite ! … Mais aussi ! …  Les hommes l’ont relâchée après une communication avec les responsables du Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle … Sera-t-elle assez chanceuse pour échapper aux mailles des filets, passer à travers des « marées noires », glisser entre les barques des braconniers ?
La tortue luth est classée parmi les espèces protégées. Elle est menacée de disparition … Et pourtant, regardez-là sur votre écran, quand elle évolue dans les eaux claires, parmi les roches et les coraux … Regardez comme la « grosse dame » est souple : Elle danse, nonchalante …

Ah ! respectez les tortues ! … Il y a, dans l’île d’Oléron, une équipe de bénévoles qui se chargent du nécessaire lors de l’échouage des mammifères marins. Ou des tortues N’hésitez pas à prendre son attache si vous découvrez un animal … Il est arrivé que l’on trouve, ici ou là, un phoque égaré … n’y touchez pas ! Téléphonez plutôt aux spécialistes !






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